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24/05/2009

La condamnation de Gonçalo Amaral a été aussi atypique que le procès

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SNN2334A_682_625113a.jpgLa décision du jugement du "cas Leonor Cipriano", où deux des cinq inspecteurs et ex-inspecteurs de la Police Judiciaire (PJ) ont été condamnés, a fini par se révéler aussi atypique que le procès : le tribunal de Faro a considéré la pratique de la torture comme prouvée, mais n'a pas pu indiquer qui étaient les supposés agresseurs.
Au cours de toutes les sessions de la Cour, aucun témoin des soi-disant actes de torture n'a été présenté, et la décision a fini par se baser sur les rapports des experts en médecine légale, faits non pas à partir d'un examen physique de Leonor Cipriano, mais à partir de photos publiées des années auparavant par le journal Expresso et dont l'authenticité est toujours mis en doute.
Vu l'importance attribuée aux photos, il est d'ailleurs étrange que la Cour n'ait pas tenu compte des doutes qui persistent encore au sujet de leur origine. Des doutes qui auraient pu être clarifiés si la défense avait été autorisée à entendre l'ex-journaliste qui était responsable de leur divulgation, aujourd'hui bâtonnier de l'Ordre des Avocats — avec la décision astucieuse de mettre l'Ordre comme assistant dans le procès, Marinho Pinto maintenait ainsi le contrôle sur ce qui se déroulait au Tribunal de Faro et, en même temps, échappait à l'interrogatoire.
En lisant le jugement final, on peut en conclure que la Cour a soutenu sa décision en se basant sur les photos, crédibles ou pas, puisqu'elle ne pouvait pas se baser sur Leonor Cipriano qui, pendant tout le procès, a fait de nombreuses déclarations contradictoires, confirmant ainsi l'analyse faite par l'expert Paulo Sargento qui l'a décrivait comme une menteuse compulsive.
Leonor a changé sa version sur la manière dont elle aurait été agressée, les jours et les heures, à plusieurs reprises, mais aussi le lieu où tout se serait déroulé et même au sujet de ses agresseurs : un jour, elle impliquait directement l'ex-coordinateur Gonçalo Amaral, le lendemain elle avouait qu'elle ne l'avait même pas vu le jour des interrogatoires.
Paulo Pereira Cristovao, Leonel Marques et Paulo Marques Bom, accusés d'actes de torture, ont été innocentés, alors qu'Antonio Cardoso et Gonçalo Amaral ont été condamnés à des peines avec sursis : deux ans et trois mois et un an et demi de prison, respectivement.

L'effet "boule de neige"

Le rapport d'Antonio Cardoso, qui lui a valu sa condamnation, et dans lequel l'inspecteur décrivait de quelle manière Leonor Cipriano est tombée dans les escaliers, n'a pas été transmis au laboratoire de la police scientifique où un expert aurait pu découvrir une fausse signature, un changement de date ou même la substitution de passages dans le texte : le juge Henrique Pavão, au nom du collectif, au moment de considérer que la torture était prouvée, a automatiquement retiré la valeur du rapport de Cardoso – s'il existait de la torture, alors le rapport doit être faux.
C'est dans ce contexte que l'ex-coordinateur de la PJ, Gonçalo Amaral, finit par être condamné : dire que torture a existé, c'est affirmer que Cardoso a menti en écrivant son rapport de service, alors – peu importe qu'il dise la vérité ou pas — Amaral devait être condamné. N'était-ce pas l'objectif initial ?

— Comme on dit en France "c'était Q.F.D."

Duarte Levy

Commentaires

La condamnation de l'inspecteur Amaral dans de telles conditions au procès, ce n'est vraiment pas sérieux. C'est même une honte de voir cela à notre époque !

Écrit par : michelle | 28/05/2009

M. Lévy,

Merci pour votre professionnalisme.

Il en faut des "boucs émissaires" dans ces affaires plus que pas claires, je dirai ténébreuses !!

Merci de vous joindre courageusement à M. Amaral dans sa résistance "Pot de terre contre pot de fer" ou "David contre Goliath". M. Amaral doit apprécier votre soutien et vos publications.

Quel que soit le dénouement de ces affaires "destructrices", au moins vous, vous pourrez vous regarder sans honte dans un miroir* (oui, je sais, la honte, ça se perd pour certains qui devraient en avoir !). C'est important* pour le genre de personne que vous êtes (suis en train de lire votre livre).

Et si, par je ne sais quel miracle, on assistait un jour, pour toutes ces affaires, à la victoire de la vérité sur toutes ces horreurs, ça sera une récompense supplémentaire !

On l'espère pour la petite Joana et la petite Madeleine qui ont quelques défenseurs ... Parce qu'à part eux, la grande majorité défendent leur réputation, leur compte en banque, leur orgueil, etc

Prudence pour vous et vos familles.
Que fait Eurojust ?????????????????

Écrit par : Dannie | 29/05/2009

On a tous compris que les autorités se fichent complètement du lieu où se trouve le cadavre de la petite Johana et des coups qui ont été donnés à sa mère.... Le but de ce procès en fait n'est que d'essayer de neutraliser Amaral dans l'affaire Maddie.

Ca en fait des magouilles tout cela, pas belles à voir !

En qui peut-on avoir confiance ????

Écrit par : michelle | 31/05/2009

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