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28/06/2009

Détectives recherchent un lien entre la disparition de Maddie et Yeremi

Sept suspects : un pour chaque jour de la semaine
PressDisplay.com - Daily Ex..jpgLes deux ex-policiers engagés par Kate et Gerry McCann veulent interroger un citoyen anglais "dont ils ignorent s´il était présent à Praia da Luz quand Madeleine a disparu" et qui est actuellement en prison en attente de son jugement pour homicide. L´homme, dont l´identité n´a été révélée ouvertement par aucun "tabloïd" anglais, est un expatrié britannique qui a vécu dans diverses régions de l´Espagne, dont la Gran Canaria, pas loin du lieu où Yeremi a disparu en mars 2007.
Les deux enfants ont disparu en 2007 et les "coïncidences" s´arrêtent là, comme le confirment les enquêteurs espagnols et portugais qui ont travaillé sur les deux affaires, ce qui n´a pas empêché le "Daily Express Weekend" de donner la parole à la mère de Yeremy, Ithaisa Suarez, dans son édition d´aujourd'hui, demandant si le nouveau suspect ne serait pas mêlé à la disparition du petit garçon. Selon ce "tabloïd", qui cite l’ex-policier Dave Edgar, le supposé suspect est l´une des "sept personnes intéressantes" qui devront être interrogées dans l´enquête à la disparition de Maddie.
Après plus de deux ans, comme l´avaient déjà fait les détectives privés engagés précédemment par le couple McCann, les ex-policiers suggèrent une éventuelle liaison aux affaires en Espagne : "ils veulent savoir si la disparition de Madeleine est liée en quelque sorte au kidnapping de Yeremi dans la Gran Canaria le 10 mars 2007", dit le "Daily Express Weekend" citant Edgar.

PResize.php.jpgAmaral entre les livres les plus vendus

Selon le GfK Retail & Technology en Boek.be,  le livre de Gonçalo Amaral, intitulé "Maddie : de waarheid achter deleugen",  la traduction flamande de "Maddie : a verdade da mentira" a fait son entrée dans le top 10 des livres le plus vendus en Belgique.

Duarte Levy

Em Português

 

NOTE : Toutes les informations publiées par moi sur ce blogue ou dans n´importe quel autre blogue, sans oublier les médias avec qui je continue à travailler, sont authentiques et ont toujours été vérifiées auprès de plusieurs sources comme il est requis à un journaliste. Il est évident que je suis toujours prêt à défendre en justice contre toute allégation contraire. En autre, toute question qui n’aurait pas un lien direct avec mon travail et qui relève de ma vie privée, en particulier les commentaires qui ont été faits récemment après la fin d’une relation amoureuse de plusieurs mois, ne mérite pas de réponse… en tout cas pas ici.

19/06/2009

Maddie : les "spéculations" ne rouvrent pas l'investigation

Dans une réponse envoyée aujourd'hui à l'Agence Lusa, le Procureur Général de la République (PGR) a qualifié comme "spéculations" toutes les informations publiées dans la presse sur le pédophile britannique Raymond Hewlett.
Le supposé suspect, identifié et condamné comme pédophile par les autorités britanniques dans des affaires qui datent des années 70, a reconnu qu'il était au Algarve la nuit de la disparition de Madeleine McCann, mais le Procureur considère encore que les informations ne sont pas suffisantes pour rouvrir l'investigation.
Dans la réponse envoyée à cette agence, le Procureur Général de la République (PGR) a confirmé être "attentif aux signes qui apparaissent" et prêt à rouvrir le procès "quand surgiront des faits concrets, que les magistrats titulaires du procès considèrent importants et crédibles". Selon le PGR, les "spéculations, opinions ou commentaires ne sont pas suffisants pour qu'on rouvre l'investigation".
Hewlett, 64 ans et en phase terminal d'un cancer, n'est pas le premier "suspect" révélé dans la presse britannique, mais c'est sur lui que toutes les attentions se sont concentrées.
Clarence Mitchell, porte-parole de Kate et Gerry McCann, a convaincu cette semaine un journal anglais de ne pas révéler les photos de deux supposés suspects de nationalité portugaise et allemande. Le tabloïd se préparait à désigner les deux hommes comme les "suspects principaux" mais le spécialiste en communication et relations publiques a démenti cette information.

Português - English

17/06/2009

Nouveau livre pour Gonçalo Amaral

1232111120.jpgGonçalo Amaral, l’ex-coordinateur de l’investigation à la disparition de Madeleine McCann, lance un nouveau livre avec une compilation de textes sur la criminalité au Portugal, signé par plusieurs spécialistes dans la question.
C’est Gonçalo Amaral lui-même qui a coordonnée la compilation "Justice et délinquance" qui réunie des opinions, propositions, solutions et analyses écrites par des juges, avocats, procureurs, un coordinateur d’investigation criminelle, un journaliste et un psychologue.
Parmi les auteurs de "Justice et délinquance" ont compte : Rui Rangel (juge), Maria dos Santos Ribeiro (juge), Maria Clara Oliveira (Procureur), Marta Daniela Seixas (Procureur adjoint), Paulo Sargento (psychologue et professeur universitaire), Hernâni Carvalho (journaliste et psychologue), et l’avocat Manuel Augusto Meireis.
L’ancien coordinateur de la Police Judiciaire (PJ), responsable de l’investigation a la disparition de Madeleine McCann et auteur de "Maddie, l’enquête interdite" (titre de la version française disponible en Belgique et en France), présentera son nouveau livre "Justice et délinquance" le 25 juin a la librairie Alethea a Lisbonne.

15/06/2009

Les McCann demandent des milliers d'euros à Amaral

_McCann-story_1396445c.jpgLe couple veut une indemnisation entre 100.000 et 500.000 mille euros

English - Português - Español

De 100.000 à 500.000 euros, c'est le montant des indemnités que Kate et Gerry McCann veulent recevoir de la part de Gonçalo Amaral, l'ex-coordinateur du Département d'Investigation Criminelle (DIC) de la Police Judiciaire (PJ) de Portimão. Le procès, d'après les McCann, va servir à alimenter le fonds que le couple utilise pour financer les dépenses de la campagne qu'ils ont entreprise depuis la disparition de leur fille.
L'information a été confirmée au 24 Horas par une source du "Madeleine's Fund -Leaving No Stone Unturned", le fonds financier créé par les parents de Maddie neuf jours après la disparition de la fillette.
"Le couple espère recevoir une indemnité à au moins 6 chiffres" a dit cette même source rajoutant que "d'autres actions en justice ne sont pas exclues, ce qui servirait à alimenter le fonds "Find Madeleine" et à aider la campagne." Le journal 24 Horas sait que le couple a une liste de médias, de journalistes et même de blogues portugais et anglais que les McCann observent comme possible "cible".
Gonçalo Amaral est la cible privilégiée du couple McCann. Le responsable de l'enquête sur la disparition de Maddie est, d'après cette même source, "l'unique personne qui continue à mettre en doute le rapt de Madeleine" et cela "affecte la crédibilité du couple et le travail des enquêteurs".
Les mouvements de l'ex-coordinateur de la PJ ont toujours été l'objet de la plus grande des attentions de la part des  détectives engagés par les McCann — une initiative des Espagnols de Método 3 —, mais qui reste actualisée dans un rapport qui révèle des données sur la vie privée et professionnelle de Gonçalo Amaral et où il y a des détails comme les comptes bancaires de la famille et même la liste de leurs amis les plus proches. Une partie de ce rapport a été donnée pourtant à un avocat portugais qui l'a utilisée dans des déclarations et accusations en rapport avec un autre procès.
Les procès en justice semblent être d'ailleurs le moyen trouvé par Kate et Gerry McCann pour financer leurs activités de la campagne du "Find Madeleine" — organisme privé géré majoritairement par la famille et dont Kate et Gerry sont maintenant directeurs.
Après avoir reçu plus de 700 000 euros d'indemnités dans des procès contre divers médias anglais, lesquels ne sont jamais passés dans les salles des tribunaux, le couple vise maintenant diverses cibles au Portugal. "C'est clair qu'Amaral est le principal visé, mais il existe d'autres possibilités, notamment parmi les médias et sur Internet où il a été fait des affirmations diffamatoires sur le couple," a dit cette même source.

Le millionnaire "lâche" son appui.

Malgré les nombreuses donations qui sont parvenues au "Find Madeleine" depuis l'interview de Kate et Gerry McCann dans le talk-show de Oprah — un programme de la télévision nord-américaine que la SIC à retransmis au Portugal — la capacité financière du fonds n'est plus celle à laquelle le couple s'était habitué en 2007 et même le multimillionnaire écossais Brian Kennedy a tourné le dos aux dépenses de Clarence Mitchell, le porte-parole des parents de Maddie.
Comme le journal 24 Horas l'avait déjà révélé en mars de cette année, le multimillionnaire Brian Kennedy a cessé de venir en aide aux activités des McCann, mettant en avant des raisons financières pour justifier son désistement. Clarence Mitchell, le porte-parole de Kate et Gerry McCann, avait déjà confirmé cette information au 24 Horas, en disant que le multimillionnaire ne payait plus ses prestations ni le payement des détectives engagés par le couple.
Malgré l'abandon du multimillionnaire, Clarence Mitchell a assuré à 24 Horas qu'il va continuer aux côtés de Kate et Gerry McCann. Le porte-parole du couple, spécialiste en communication et relations publiques, a réduit ses déclarations, mais maintient un contact permanent avec les journalistes.
Brian Kennedy aurait vu sa fortune diminuer de plus de 50 millions de livres ce qui ne serait pas pourtant l'unique raison derrière sa décision d'abandonner son appui au couple — une source proche du milliardaire à dit au 24 Horas que Kennedy n'aurait pas apprécié les dépenses des détectives espagnols (Método3), ni le demi-million de livres payé à une entreprise américaine pour six mois d'une supposée enquête.

Le pédophile dit qu'il ne sait rien au sujet de Maddie

Raymond Hewllet.jpgRaymond Hewllet, l'anglais dénoncé par les deux anciens policiers britanniques engagés par les McCann, comme le supposé suspect de la disparition de Madeleine, a démenti voir vu ou avoir approché la fillette pendant le temps qu'il a vécu en Algarve et a réaffirmé au 24 Horas "qu'il n'a eu aucune implication dans la disparition" de l'enfant, Hewlett a ainsi réagi aux informations publiées ces dernières semaines par divers tabloïds allemands et britanniques qui disaient que l'Anglais aurait vu Maddie en deux occasions.
Hier, dans des déclarations au "Sunday Mirror", Hewlett a confirmé ce qu'il avait déjà dit au 24 Horas : "L'unique fois ou il a vu Madeleine McCann a été sur des affiches au sujet de la disparition," rajoutant encore qu'il l'a vue encore une fois à la télévision, mais "jamais dans la vie réelle".
"C'est évident, pourquoi je les intéresse . Mais ils peuvent penser ce qu'ils veulent. Je n'ai pas tué la petite fille. Cela, c'est la vérité et cela ne changera jamais," a dit le Britannique au journal anglais.
Des sources proches de la police de Leicerstershire ont révélé au 24 Horas que le profil de Hewllet ne correspond pas à celui d'un éventuel kidnappeur de Madeleine et que "tous les soupçons des détectives du couple McCann par rapport à Hewllet se basent sur des suppositions puisqu'il n'existe pas de fait ou d'indices pour les appuyer dans cette direction". — "Dans la première phase de l'enquête faite conjointement au Portugal, tous les individus fichés ou suspects d'actes d'agression sexuelle, pédophilie ou rapt, ont été sujets à une enquête et, un a un, ont été éliminés des suspects", a conclu cette même source.
Le supposé suspect, qui se trouve à Aachen (Allemagne) en phase terminale d'un cancer, a confirmé avoir été interrogé par la police du West Yorkshire mais a nié avoir été questionné au sujet du cas de la disparition de Madeleine.
"Oui, j'ai parlé avec la police (anglaise) et je suis prêt à collaborer dans la limite de ce qui m'est permis par mon état de santé, mais ils n'étaient pas intéressés par la disparition de Maddie," a dit Hewllet au 24 Horas rajoutant que le 3 mai 2007 "il n'était pas à Praia da Luz".
Hewllet est apparu dans les premières pages des tabloïds anglais après que les deux ex-policiers anglais, Dave Edgar et Arthur Cowley – connus sur internet comme Dupond & Dupond par allusion aux deux policiers de la bande dessinée de Tintin – ont révélé que l'Anglais vivait en Algarve en 2007 et que l'homme avait déjà été condamné dans des cas de pédophilie dans les années 70.
"Un supposé pédophile sur le point de mourir serait le suspect idéal pour dévier l'attention de l'opinion publique et créer le doute dans l'esprit des gens", a dit à 24 Horas un inspecteur de la PJ en Algarve rajoutant que "tous les soi-disant suspects indiqués jusqu'alors par les détectives privés ont été l'objet d'une enquête et rien n'a indiqué qu'ils étaient impliqués dans la disparition de la petite fille."
Interrogé au sujet de la thèse avancée par Gonçalo Amaral, l'inspecteur à juste rajouté que "Amaral a beaucoup d'expérience, et que sans éléments suffisants, il ne se risquerait jamais avec cette thèse".

Duarte Levy

(publié sur le quotidien portugais 24Horas)

01/06/2009

Maddie blues

Le policier portugais, qui suspectait les parents, s’est vu retirer l’enquête sur la disparition de la fillette anglaise. Une sanction qu’il peine à digérer.

Imagem1GA.pngUn "portrait" de Gonçalo Amaral par Marie Piquemal avec photo d’Édouard Caupeil – publié aujourd’hui par "Libération"

 

Jamais une affaire n’a troublé son sommeil. Pas même la mystérieuse disparition de la petite Maddie, introuvable depuis deux ans. A l’époque, il était inspecteur de police à Portimao, dans le sud du Portugal. A quelques kilomètres de la station balnéaire de Praia da Luz, où la famille McCann passait ses vacances. Quand la fillette de 3 ans s’est volatilisée la nuit du 3 mai 2007, Gonçalo Amaral s’est retrouvé en première ligne. Responsable des opérations de recherche. Et propulsé sur les couvertures des magazines, à côté du joli minois de l’enfant disparue. L’image de la petite fille blonde et de sa peluche rose a fait le tour du monde. La médiatisation d’une ampleur inédite a été savamment orchestrée par les parents, Gerry et Kate McCann, et leur attaché de presse, embauché dès les premières heures. Dans ce tourbillon d’émotions et d’images, le commissaire Amaral est vite apparu comme un personnage clef de la dramaturgie. Une figure controversée. Dès le début, les tabloïds britanniques ont glosé sur son physique bedonnant, ses clinquantes lunettes Prada, son penchant pour l’alcool et la sieste. Quand le flic s’est mis à suspecter les parents de "simulation d’enlèvement" et de "dissimulation de cadavre", la presse s’est déchaînée. On le rencontre deux ans plus tard. Dans un hôtel parisien, rue du Faubourg Saint-Honoré. Il a changé. Moins de ventre et de cheveux. Il a aussi rasé sa moustache, digne du gendarme de Saint-Tropez. Engoncé dans son costume cravate, regard hagard derrière des sourcils épais, il semble éteint. Embrumé par les deux à quatre paquets de Marlboro qu’il consume chaque jour. "L’affaire Maddie l’a transformé, il est devenu triste", assure sa femme Sofia, qui ne le quitte pas d’une semelle. Du dynamisme pour deux. Amaral est à Paris pour la sortie en France de son livre, vendu à 180000 exemplaires au Portugal. Depuis l’affaire Maddie, il a quitté la police. Le 2 octobre 2007, après cinq mois sans nouvelles de la petite Anglaise, il est écarté de l’enquête par son supérieur. Vexé, il prend sa retraite anticipée, à 48 ans. "On ne m’a pas retiré l’affaire pour incompétence mais pour un instant de laisser-aller", insiste-t-il. C’est-à-dire pour avoir critiqué les policiers britanniques, les accusant d’être manipulés par le clan McCann. La police portugaise a d’emblée irrité la famille McCann. Manque de professionnalisme, diront les uns, avec l’arrogance anglo-saxonne. Méthodes de travail différentes, se défendront les autres. Entre les deux parties, le fossé se creuse, l’incompréhension et la rancoeur prenant le pas sur l’échange. Le culte du secret entourant l’enquête portugaise se heurte à la surmédiatisation orchestrée par les Anglais. Le commissaire Amaral n’en démord pas : "Pourquoi prendre le risque de publier la photo de cette enfant dès les premières heures, dans le monde entier ? C’est bon pour paniquer l’éventuel kidnappeur qui peut tuer l’enfant. Il faut travailler en silence. Au moins dans un premier temps." L’incompréhension mue ensuite en guerre des tranchées quand, l’été suivant la disparition, les enquêteurs portugais émettent l’hypothèse d’une simulation. Et si les parents étaient coupables ? Suspecter officiellement les McCann, en les plaçant sous le statut particulier d’arguidos ("suspects officiels") : passionnée, l’opinion publique britannique n’accepte pas. Elle crie au scandale. C’en est trop, le commissaire Amaral saute. Aujourd’hui, il s’explique. Voici sa thèse, brute de décoffrage : les parents sont responsables du décès de leur fille. Accident domestique, mauvais traitements ou meurtre. Qu’importe . "L’hypothèse politiquement correcte de l’enlèvement ne tient pas, assure-t-il. L’enfant est morte." Il articule sa démonstration autour de deux points phares. D’abord, il y a ces traces de sang repérées par les chiens renifleurs dans la chambre d’hôtel et dans la voiture louée par les McCann plus de vingt jours après la disparition de l’enfant. "Les analyses montrent que le sang correspond en partie au profil ADN de Madeleine McCann". Ensuite, il y a les statistiques. "Les crimes d’enfants, y compris sexuels, sont commis par les parents dans 84 % des cas." Pour lui, pas l’ombre d’un doute. Nous, on referme le bouquin comme on l’ouvre, sans aucune certitude. Pourquoi cet homme a t-il écrit ce livre ? Conviction ou obsession ? Pugnacité ou acharnement ? Gagner du fric, en jouant le sensationnel ? Il balaie les critiques d’un revers de la main. "C’est une question de valeurs, de justice et de vérité." Aujourd’hui, l’ex-flic souhaite la réouverture de l’enquête pour "retrouver le corps de Maddie". Et réhabiliter l’image de la police portugaise. La sienne aussi. L’ex-inspecteur est inculpé pour faux témoignage dans une autre affaire portant sur une enfant disparue, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Leonor Cipriano, la mère de Joana (8 ans), condamnée à seize ans de prison, affirme avoir avoué le meurtre de sa fille après avoir été battue par les policiers chapeautés par Amaral, qu’il aurait ensuite couverts. Sans sourciller, il voit là une nouvelle tentative de déstabilisation. Gonçalo Amaral fait partie de ces gens d’une intelligence glaçante, qui surprend, intimide et déconcerte. Pas de place, même infime, pour la compassion, l’émotion ou toute forme d’affect. Pour lui, les parents de Maddie (et leurs amis) sont coupables d’avoir laissé leurs enfants seuls sans surveillance dans leur chambre pendant qu’ils dînaient au restaurant de l’hôtel. Sans pitié, il lâche : "Ils devraient être punis pour ça. Le devoir des parents est de surveiller leurs enfants. Pensez-vous qu’une gamine de 3 ans soit en sécurité, seule dans une chambre ? Il peut lui arriver n'importe quoi : un accident électrique ou je ne sais quoi, sans même parler d’enlèvement." Gonçalo Amaral a, lui, trois filles au compteur, de deux mariages. "C’est un papa très relax. Avec lui, les enfants ont tous les droits", affirme sa femme Sofia. Dans son livre, Amaral évoque sa plus jeune fille Inès, du même âge que Maddie. "La même en brune." Pas un mot en revanche de son enfance au nord de Lisbonne, avec ses cinq frères et soeurs, sa mère au foyer et son père ouvrier. Il ne raconte pas non plus comment il est entré dans la fonction publique comme simple agent, à 14 ans, "parce qu’à l’époque, c’était possible". Parcours parsemé de cours du soir, pour gravir les échelons jusqu’à ce poste de coordinateur du département d’investigations criminelles de la police judiciaire de Portimao. Hormis l’affaire Maddie, il a traité des affaires délicates, notamment liées à des trafics de drogue. "Ce travail, c’était sa vie. Arrêter a été une profonde déchirure", dit sa femme. Il a bien essayé de rebondir en politique. Il voulait se présenter aux élections municipales d’octobre 2009 à Olhao, pour le Parti social-démocrate (formation de centre-droit). La présidente du parti a refusé "par crainte d’un mélange des genres politique-justice". Alors, il a entrepris un autre livre, sur d’autres affaires de police. La page reste à tourner.