Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

09/10/2008

Marcos Aragão Correia : à une "vision" de l’affaire Cipriano

040006a6f8ccb012fd6e93eb3c189415.jpg

Marcos Aragão Correia, qui s’est illustré en devenant protagoniste dans l’affaire Madeleine McCann, serait le nouvel avocat de Léonor Cipriano dans le procès contre les inspecteurs de la Police Judiciaire (PJ) accusés d’avoir torturé la mère de Joana Cipriano.

Le Ministère Public portugais accuse trois inspecteurs de la PJ d’avoir torturé la mère de Joana Cipriano au moment de son interrogatoire, un est accusé de falsification de documents et le cinquième, Gonçalo Amaral, est accusé de non-assistance et d’omission de dénonciation.

Marcos Aragão, qui remplace João Grade, est l’avocat qui avait cité en justice les services postaux portugais les accusant de ne pas avoir livré en main propre un courrier recommandé adressé aux McCann dans lequel, selon lui, il indiquait des pistes qui pouvaient aider l’enquête. Marcos Aragão, en contact avec l’agence de détectives Metodo 3, avait alors lancé des recherches dans le barrage d’Arade, à quelques kilomètres de l’endroit d’où est disparue Madeleine McCann, n’ayant trouvé que des déchets et quelques ossements d’animaux.

Initialement, l’avocat prétendait détenir des renseignements à propos de la localisation du cadavre de Madeleine, mais aurait fini par reconnaitre que les recherches dans le barrage d’Arade – la piste qu’il cherchait à communiquer aux McCann – ont été effectuées d’après une vision qu’il aurait eue à propos de la disparition de la petite britannique.

L’avocat était déjà connu dans cette affaire comme étant l’auteur d’un rapport de l’Association Contre l’Exclusion par le Développement (ACED), divulgué en avril de cette année, qui soutenait l’existence d’un crime de torture perpétré par des agents de la PJ. Ce même rapport, contrariant les déclarations de Leonor Cipriano – qui n’a pas arrêté de changer de version depuis le début de ce procès – accuse Gonçalo Amaral d’être présent au moment des prétendues agressions. L’ancien coordinateur du DIC de la PJ à Portimão a d’ailleurs décidé de poursuivre l’avocat en justice.

Un procès qui souligne le conflit entre le Ministère Public et la PJ

Gonçalo Amaral, l’ancien coordinateur du Département d’Investigation Criminelle (DIC) de la Police Judiciaire (PJ) à Portimão, est accusé par le Ministère Public de non-assistance et de ne pas avoir dénoncé les prétendues agressions des inspecteurs de la PJ à Leonor Cipriano.

Après la disparition de Joana Cipriano le 12 septembre 2004, sa mère, Leonor, et son oncle, João, ont été condamnés à 16 ans de prison ferme pour les crimes d’homicide et dissimulation de cadavre (lire détails ICI).

Selon le témoignage des inspecteurs, après son interrogatoire, la mère de Joana avait réussi à déjouer l’attention des inspecteurs et, affirmant vouloir se suicider, se serait jetée dans les escaliers. Blessée, elle sera alors conduite par les inspecteurs devant un médecin et amenée en prison.

Une lettre d’une autre détenue, adressée aux autorités après les accusations faites à l’encontre des inspecteurs, renforce cette version : selon ce témoin, la mère de Joana avait reconnu auprès de ses codétenues qu’elle serait tombée dans les escaliers, mais que, après une réunion avec la directrice de la prison, elle aurait changé sa version affirmant avoir été torturée et qu’elle comptait toucher une indemnisation.

Confronté à Gonçalo Amaral, Leonor Cipriano a confirmé que l’ancien coordinateur du DIC de la PJ à Portimão ne l’avait jamais agressé. Malgré plusieurs confrontations avec les autres inspecteurs, la mère de Joana n’a jamais réussi à les identifier comme étant ses agresseurs, ce que n’a pas empêché le Procureur d’avancer avec le procès, admettant que lui aussi ne pouvait pas garantir qu’il s’agissait des bons inspecteurs ou se l’agression a eu vraiment lieu.