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19/10/2010

Portugal : Cour d’appel annule injonction des parents de Maddie

197912058.jpgActualisation

(plus d’informations ICI) — La Cour d'appel a annulé ce mardi l'injonction déposée par les parents de Madeleine McCann contre le livre écrit par l’ancien coordinateur de la Police Judiciaire (PJ) portugaise, Gonçalo Amaral.
La décision d'interdire la vente du livre et de la vidéo avait été prononcée le 14 janvier par la juge Cunha Rodrigues, du tribunal civil de Lisbonne, après une première décision provisoire de septembre de 2009. L’injonction donnait suite à une demande déposée par l’avocate Isabel Duarte au nom des cinq membres du clan McCann, y inclut la disparue Maddie.
La décision interdisait la commercialisation du livre "Maddie : L’enquête interdite" – en portugais "Maddie : A Verdade da Mentira" — et la divulgation d’un documentaire avec le même titre qui avait été diffusé initialement par la chaine de télévision TVI et commercialisée avec le quotidien Correio da Manhã.
Selon un proche de Gonçalo Amaral, l’ancien coordinateur, qui défend la thèse de l'implication de Kate et Gerry McCann dans la disparition de leur fille en mai 2007, a reçu la nouvelle "avec satisfaction et soulagement de voir que justice a été faite".
En France, la nouvelle a également été bien accueillie par les responsables d’une chaine de télévision qui avait précédemment acheté les droits de diffusion du documentaire.
Ce matin, la cour a accepté le recours introduit par l’avocat Antonio Cabrita et ordonné le remplacement immédiat de l'ouvrage dans les points de vente habituels.
La décision de la cour reconnait également le droit de parole de l’ancien investigateur qui était jusqu’à présent interdit d’accorder d’entrevues à la fois au Portugal et à l’étranger.

Ancien coordinateur-chef de la police récupère le droit de parole

Gonçalo Amaral a reçu la nouvelle avec satisfaction estimant que décision de la cour d’appel est venu "renforcer la démocratie portugaise" soulignant que son livre "était un exercice de citoyenneté, de liberté d'expression et que l’interdire était inconstitutionnelle".
L’ancien coordinateur-chef de PJ portugaise avoue être maintenant plus tranquille pour faire face aux deux autres procès de qu’il est objet de la part de Kate et Gerry McCann.
Les parents de Madeleine, comme ils l’avaient fait à plusieurs reprises par le passé, ont intenté une action dans le civil accusant l’ancien policier de diffamation et demandant cette fois-ci 1,2 million d’euros d’indemnité. Dans une deuxième affaire, Gonçalo Amaral est accusé par l’avocate du couple d’avoir violé le secret de justice.
"Cette décision signifie qu'en ce moment le Dr Gonçalo Amaral est libre de se prononcer à propos de tous les aspects de l'affaire McCann. Signifie que la cour d’appel de Lisbonne a considéré qu’il n’y a pas, et il n’y jamais eu, dans le livre et dans le vidéo aucune offense au bon nom du couple McCann et à considéré que le Dr Gonçalo Amaral n’a fait qu’exercer un droit légitime, renforcé en plus par plus de vingt-six ans d’expérience d’investigation criminelle", a dit l’avocat António Cabrita qui représente l’ancien coordinateur chef de la police judiciaire.
Pour rappel, le livre Maddie : l’enquête interdite soutient la thèse de que Madeleine McCann est morte à l’intérieur de l’appartement de vacances occupé par sa famille dans le sud du Portugal en mai de 2007 et que ses parents l’ont caché.
La décision d'interdire la vente du livre et de la vidéo avait été prononcée le 14 janvier par la juge Cunha Rodrigues, du tribunal civil de Lisbonne, après une première décision provisoire de septembre de 2009.

Les McCann ont volontairement limité leur droit à une vie privée

Aujourd’hui, les juges ont révoqué l’injonction estimant que "le contenu du livre ne portait pas atteinte à aucun des droits fondamentaux" des McCann.
"L'exercice de son écriture et publication est contenue dans les droits constitutionnels garantis à tous par la Convention européenne des droits de l'homme et par la Constitution de la République du Portugal (relative à la liberté d'expression et d'information et de la liberté de la presse et les médias) », dis l’arrêt des juges Francisco Bruto da Costa, Catarina Arelo Mando et António Valente.
À propos des accusations de que Gonçalo Amaral avait nui à la réputation du couple et porté atteinte à vie privé des McCann, les juges ont conclu que c’est le couple lui-même qui a "ouvert la porte" pour que d’autres puissent s’exprimer à propos de la disparition de Maddie.
"En ce que concerne la vie privée des demandeurs (les McCann), ce sont eux-mêmes qui se sont multipliés en interviews et interventions auprès des médias, leur fournissant des renseignements qui, autrement, ne seraient guère divulgués". Ce sont eux qui "volontairement ont décidé de limiter leur droit à une vie privée", écrit l’arrêt.

Translated in English by Anna Andress

10/09/2009

"Maddie l’enquête interdite" va continuer à la vente

Gonçalo Amaral.jpg

Português - Español

L'arrêt de la juge Amelia Puna Loupo qui interdit la vente de "Maddie : L’enquête interdite", pour le moment, n'aura pas un impact direct sur les ventes du livre au public, tant au Portugal qu'à l'étranger. Et ceci, parce que la mesure préventive n'a pas été complètement officialisée, comme il a été admis par l'avocate qui représente la famille McCann dans l'affaire.
Isabel Duarte a rappelé que "le procès a été mené en secret, jusqu'à présent, pour préserver l’utilité de la décision à obtenir".
Dans ce cas, doivent encore être entendues les parties adverses — Gonçalo Amaral (l’auteur), Guerra y Paz (éditeur du livre) et Valentim de Carvalho (responsable de la diffusion de la vidéo sur TVI). Comme si cela ne suffisait pas, il y a aussi les délais qui permettent aux trois entités de faire opposition (10 jours) ou présenter un recours devant la Cour d'Appel de Lisbonne (30 jours) contre la décision de la juge de la 3e Section Civil du 13éme Tribunal de Lisbonne. "Tant que nous n’aurons pas reçu la notification, nous allons continuer à vendre le livre. Lorsque nous aurons reçu la notification, on verra", a déclaré hier un responsable pour les relations publiques de la maison d’édition Guerra y Paz, citée par l’agence d’information Lusa.
La mesure préventive détermine l'interdiction aux éditeurs de vendre les livres et les vidéos "qui reposent encore sur les rayons ou même dans d'autres magasins ou entrepôts, et l'obligation de recueillir (les exemplaires) et les remettre à la dépositaire ".
"La décision prend effet, bien qu’elle ne soit pas définitive, puisque la/les partie(s) contraire (s) en conformité avec "le principe contradictoire" ont la possibilité de s’exprimer, a expliqué au 24 Horas l'avocat António Pinto Pereira.
Si Amaral et les éditeurs présentent des arguments capables de convaincre la juge que la décision porte des préjudices graves et irréparables, "cela pourrait signifier la suspension de l'effet de la décision de la mesure de prévention".
Actuellement, Pereira Pinto "prendrait une décision hybride" : ne plus faire d’éditions du livre, mais ni vider les stocks, ni ramasser les livres qui sont déjà en vente jusqu'à ce qu'il y ait une décision du Tribunal supérieur.
Si la haute Cour se prononce en faveur d'Amaral et les éditeurs, ceux-ci peuvent même avancer avec des demandes d'indemnisation contre les McCann (pour les éventuels dommages causés) et à titre personnel, contre la propre juge Amelia Puna Loupo (pour décision illégale causant des préjudices graves).

À l’étranger tout continue comme d’habitude

"Nous n'avons pas été notifiés ni même informés de la décision du Tribunal au Portugal, et nous allons continuer à vendre le livre", a déclaré Isabelle Mazzaschi, la représentante de Bourin Éditeur qui distribue "Maddie : L'enquête interdite" (titre français du livre de Gonçalo Amaral) en France, Belgique, Suisse et Luxembourg.
À Paris, Bruxelles et Genève, la version française du livre de l'ancien coordinateur de la police judiciaire (PJ) était disponible hier après-midi dans les principaux points de vente malgré le fait que l’inédite décision du tribunal portugais avait fait le tour des médias. 
"La vente du livre va se poursuivra jusqu'au moment ou nous serons notifies par la justice française", a confirmé Isabelle Mazzaschi au 24 Horas, ajoutant que "la décision du Portugal n'a pas de valeur en France." Et elle a raison.
Selon Pinto Pereira, "hors de notre pays l’arrêt est totalement inefficace, parce qu’on ne peut pas violer le principe de territorialité et de souveraineté des autres États".
Aussi, l'éditeur TM Publishers, qui a distribué le livre dans les Pays-Bas et dans la région flamande de Belgique, a déclaré au 24 Horas que le livre d’Amaral restera sur le marché.
Heureux de la publicité entourant la décision du Tribunal, cet éditeur a décidé placer la couverture du livre — "Maddie, De waarheid achter de leugen" titre en néerlandais, sur la page d'accueil de son site Web : www.tmpublishers.nl.
"Le livre est arrivé au top 10 des meilleures ventes et a une grande acceptation auprès du public", a reconnu le porte-parole de l'éditeur, en soulignant que "ce n'est pas une décision logique, ni normale, dans un pays européen."
"Le livre est en vente depuis un long moment et sans une ordonnance judiciaire dans notre pays on ne va rien changer", assure-t-il.
Tous les éditeurs étrangers de "Maddie : L’enquête interdite", contactées par le 24 horas, ont refusé de retirer le livre des rayons sans une ordonnance du tribunal local, bien qu'ils reconnaissent qu'ils vont contacter leurs avocats et l’éditeur portugais pour décider de l'avenir du livre.

Parmi les best-sellers

Selon l'éditeur Guerra & Paz, le livre "Maddie : L’enquête interdite", s’est vendu, rien qu’au Portugal (car il y a des éditions en Belgique, Pays-Bas, France, Espagne, Luxembourg, Italie, Suisse, Allemagne et Danemark) a près de 175 mille exemplaires (en comptant les exemplaires vendus avec le quotidien "Correio da Manhã"), un nombre très élevé par rapport aux autres auteurs portugais, selon les données des ventes de 2008. "A vida num Sopro" par José Rodrigues dos Santos, était l'année dernière, la meilleure vente entre les auteurs portugais, avec 115 mille exemplaires, suivi d’"A Viagem do Elefante" par José Saramago, avec 100 milles.
Parmi les champions des ventes se trouve "Equador", par Miguel Sousa Tavares, qui s’est vendu à près de 370 mille exemplaires.
Avec un prix de départ de 13,30 euros, le livre de Gonçalo Amaral a déjà recueilli 2,3 millions d'euros — les bénéfices sont partagés entre l'éditeur et un pourcentage plus faible pour l'auteur.

Duarte Levy & Joaquim Eduardo Oliveira

  • dans le quotidien portugais 24horas (article original disponible sur son blog portugais)

09/09/2009

Maddie: Maintenant c’est le livre qui devient interdit

51YO7Q4WEuL._SS500_.jpgPortuguês - Español

Le livre "Maddie, l'Enquête interdite" que Gonçalo Amaral, ancien coordonnateur de la PJ, a écrit sur la disparition de Madeleine McCann à Praia da Luz, Algarve, est interdit et toutes les copies encore disponibles doivent être retirées de la vente.
Le 13e Tribunal civil de Lisbonne a approuvé aujourd'hui l'injonction provisoire présentée par les McCann, interdisant ainsi la vente du livre de Gonçalo Amaral qui défend la thèse de la mort de la petite et la responsabilité de Kate et Gerry McCann.
La décision du tribunal implique aussi l’interdiction de la distribution du documentaire basé sur le même livre, qui fut ensuite diffusé par TVI et distribué en DVD par le journal Correio da Manha. Valentim de Carvalho et l'éditeur Guerra e Paz doivent retirer tous les exemplaires existants et il leur est interdit de céder à d’autres pays les droits de diffusion de la vidéo et de la vente du livre.
À Gonçalo Amaral, qui a récemment tenté de récupérer ses droits d’auteur en vue de publier lui-même son livre en anglais, lui a été interdit faire des déclarations ou commenter publiquement le contenu du livre ou de la vidéo.
En France et en Belgique, le livre, édité par Bourin Éditeur, reste disponible à la vente.

Duarte Levy

17/06/2009

Nouveau livre pour Gonçalo Amaral

1232111120.jpgGonçalo Amaral, l’ex-coordinateur de l’investigation à la disparition de Madeleine McCann, lance un nouveau livre avec une compilation de textes sur la criminalité au Portugal, signé par plusieurs spécialistes dans la question.
C’est Gonçalo Amaral lui-même qui a coordonnée la compilation "Justice et délinquance" qui réunie des opinions, propositions, solutions et analyses écrites par des juges, avocats, procureurs, un coordinateur d’investigation criminelle, un journaliste et un psychologue.
Parmi les auteurs de "Justice et délinquance" ont compte : Rui Rangel (juge), Maria dos Santos Ribeiro (juge), Maria Clara Oliveira (Procureur), Marta Daniela Seixas (Procureur adjoint), Paulo Sargento (psychologue et professeur universitaire), Hernâni Carvalho (journaliste et psychologue), et l’avocat Manuel Augusto Meireis.
L’ancien coordinateur de la Police Judiciaire (PJ), responsable de l’investigation a la disparition de Madeleine McCann et auteur de "Maddie, l’enquête interdite" (titre de la version française disponible en Belgique et en France), présentera son nouveau livre "Justice et délinquance" le 25 juin a la librairie Alethea a Lisbonne.

25/07/2008

Maddie : la mort annoncé de l’investigation

Le Ministère public portugais a archivé l´affaire Madeleine McCann, le 21 juillet passé, après plus d´un an d’enquête. Gonçalo Amaral, le responsable de la Police Judiciaire qui a dirigé les investigations dans les premiers cinq mois a été écarté l´année passée, en octobre. Il a pris sa retraite et publie aujourd´hui au Portugal un livre dans lequel il révèle des faits inédits et maintient sa conviction : Maddie “est morte dans l´appartement 5A de l´Ocean Club (…) la nuit du 3 mai de 2007” et ses parents ont engendré “une simulation d´enlèvement.”

03f7a8c168eb8cf1d80042c177ef151f.jpgLe 28 juin 2007, les McCann ont demandé l’accord de la Police Judiciaire (PJ), pour qu´un supposé spécialiste en localisation de cadavres vienne à Praia da Luz : le Sud-Africain Danie Krugel, “inventeur” d´une “machine” capable de localiser n´importe quels corps, utilisant uniquement quelques cheveux de la victime. L´équipe d´enquêteurs portugais et britanniques, qui depuis mai cherchait à savoir ce qu’était devenue Madeleine McCann, a reçu la demande du couple avec total surprise. La petite Anglaise, a disparu la nuit du 3 mai, pendant qu’elle dormait avec sa sœur Amélie et son frère Sean, dans l’appartement de vacances loué par ses parents situé dans un ressort touristique, l’Océan Club, à Praia da Luz, Algarve, la région le plus au sud du Portugal. Ses parents et un groupe de sept amis dinaient, dans un restaurant, à une centaine de mètres de distance, c´est d’ailleurs sa mère, Kate, qu’aux alentours de 22 h se rend compte que l´enfant avait disparu.

5285ee94b97b11bf31c6a329e41b9dcf.jpgJusque-là, Gerry et Kate McCann insistaient sur la thèse que leur fille avait été enlevée, affirmant comme preuve le fait que les volets roulants de l´appartement avaient été forcés. La surprise des enquêteurs est décrite par Gonçalo Amaral, l´homme qui commandait l´enquête jusqu´au 2 octobre de l´an dernier, dans le livre “Maddie : La vérité du mensonge”, qui fut lancé hier à Lisbonne et auquel nous avons eu accès.

“Le couple admettait maintenant, ouvertement la mort de l´enfant, a l´inverse de ce qu´ils affirmaient publiquement”, écrit l´ex-investigateur de la PJ. Gonçalo Amaral a été écarté de l´enquête le 2 octobre, après qu’un journal portugais publie ses déclarations critiquant la police anglaise. Peu de temps après, il demande sa retraite anticipée afin de parler librement, rétablir son bon nom, jusque-là critiqué par les médias britanniques, et “contribuer à la découverte de la vérité”.

Dans le livre qui hier a été officiellement présenté, l´ex-investigateur de la PJ décrit, en détail les premiers mois de l´investigation, avec des milliers d´informations qui arrivait à la PJ donnant compte d’observations de la présence de Madeleine dans des pays a des milliers de kilomètres de distance, parfois dans des endroits différents, le même jour et à la même heure – le résultat d´une gigantesque campagne médiatique, monté par les parents, avec la contribution financière d´un groupe de millionnaires britanniques et le soutien du gouvernement anglais, y inclut le premier ministre, qui téléphone régulièrement de Londres au père de l´enfant.

Tournant décisif

Après le voyage de Danie Krugel à Praia da Luz – sans succès — les policiers anglais qui accompagnaient l´investigation ont suggéré l´utilisation de deux chiens spécialement formés pour flairer l´odeur d’infimes particules de sang et détecter l´odeur de cadavre. L´enquête, explique Gonçalo Amaral, était arrivée à une impasse : il n´y avait aucun signe ou indice d´un enlèvement et ils ont décidé d´accepter l´offre anglaise. Au début juillet, Marc Harrison, un des plus qualifiés officiers britanniques, avec une large expérience dans en crimes de ce genre, arrive au Portugal. Pendant une semaine, Harrison a analysé le procès, de bout en bout, a parcouru le petit village de Praia da Luz à pied, a vérifié les distances, les parcours, et étudié les résultats des recherches antérieurs et analyse avec attention tous les témoignages, de tous les témoins.

Le rapport des diligences effectuées par Mark Harrison, d´après Gonçalo Amaral, a présenté comme scénario le plus probable, l´hypothèse de que Madeleine était morte et a proposé un nouveau plan d´action pour l´investigation. Le 30 juillet, des équipes spéciales de la police britannique arrivent à l´aéroport de Lisbonne, avec les chiens Eddie et Keela. Le 3 août, le plan de travail suggéré par Harrison commence. Les nouvelles recherches ont permis d´obtenir des échantillons de sang et de cheveux dans le coffre de la voiture loué par les McCann. Les échantillons sont analysés dans un laboratoire britannique, le Forensic Science Service (FSS). Mais les résultats traînent, ou sont contradictoires ou inconclusifs. Dans le même rapport, souligne l’ex-investigateur, on confirme la présence de 15 des 19 marqueurs de l’ADN de Madeleine, dans les échantillons de la voiture, mais après ils expliquent que ça ne signifie pas que le sang rencontré soit de l´enfant.

Parfois, des choses surprenantes arrivent d´Angleterre. Fin aout, la police Anglaise informe la PJ que les McCann n’ont aucune carte de crédit ou de débit à leur nom ou utilisés par eux, ceci en réponse à une demande d’enquête faite par la PJ au mois de mai à la situation financière, sociale et familiale du couple et ses amis, révèle le livre de Gonçalo Amaral. Il s’agit de l’unique information obtenue par la PJ : “La réponse à cette demande n´est jamais venue, mais on savait que la police anglaise disait avoir un fichier complet”, écrit Amaral.

Rupture finale

784a7a8c63625f0c855c0666109598e1.jpgLa décision d’interroger à nouveau le couple McCann est prise de commun accord et les questions sont élaborés au cours d’une réunion entre les enquêteurs portugais et anglais. Le 6, Kate McCann effectue le déplacement jusqu’aux installations de la PJ. Elle regarde la foule et les journalistes concentrées au centre de Portimão, “elle rit, franchissant la porte, en disant que c´était bon pour le tourisme” raconte l´ex-enquêteur.

Kate, pendant son interrogatoire, refuse de répondre aux questions des enquêteurs, mais son mari répond et rejette toute responsabilité dans la disparition.

Le 7 septembre, les deux sortent de la PJ avec le statut d’arguidos (suspects). C’est à ce moment-là que tout éclate : “Après les interrogatoires du couple et leur sortie du pays, ça a été la débandade finale de la police anglaise.” Ceci après avoir déterminé une stratégie commune, étant donné que l´enquête incluait la police de Leicester et la Scotland Yard : “poursuivre la consolidation des preuves à propos du crime d´occultation de cadavre et simulation de crime, en parallèle avec des diligences qui mèneraient à la localisation du cadavre de Madeleine,” indique Amaral.

45485e3ca421b57a4fcd91a0a7cb4956.jpgQuelque temps après, en octobre, Amaral est écarté de l´enquête. Le nouveau responsable, Paulo Rebelo, envoyé de Lisbonne, après neuf mois arrive à la conclusion qu´il n´y pas assez de preuves que les trois suspects aient commis un crime. Beaucoup de questions restent sans réponses. Gonçalo Amaral avait déjà laissé des “indices”, dans une précédente interview, en disant “qu´il y a eu plus politique que de police”, dans cette affaire. Dans son livre, il éclaircit des faits, mais il laisse également quelques questions : “Quels sont les pouvoirs qui ont difficulté et nui à l´enquête ?”

Les super chiens – Saumon et air conditionné

Les dépenses annuelles avec Keela, la chienne entraînée pour renifler l’odeur du sang, s’ellevent à quelques 250.000 €. Le salaire annuel du chef de la police du South Yorkshire ne dépasse pas les 163.000 €.

Tel quel Eddie, capable de renifler la moindre odeur de cadavre, ces animaux voyagent uniquement à bord de voitures équipés avec l’air conditionné, ont un vétérinaire à leur coté 24 sur 24 et la base de leur alimentation consiste en saumon fumée.

Les deux chiens ont une carrière remplie de succès, à un tel point qu'ils sont loués, par la police de South Yorkshire, à d’autres forces de police, au prix de 670 € par jour, sans compter les frais  - tant des animaux que de leurs entraîneurs.

Récemment, Eddie s’est illustré dans une nouvelle affaire de police ou il a détecté la présence de vestiges humains dans un ancien orphelinat de l'Ile de Jersey. Le chien a désigné six endroits, à l'intérieur du bâtiment, que la police britannique est occupée à vérifier. Grâce à l’utilisation du chien, les restes mortels du corps d'un enfant ont été trouvés, dans un de ces endroits, en dessous d'une plaque de ciment d’une épaisseur aux alentours des 10 centimètres. Néanmoins, le quotidien britannique The Telegraph publiait, le 17 septembre de l'année passée, que les avocats du couple McCann prétendaient utiliser, en défense de leurs clients, les décisions d'un tribunal américain qui n'a pas admis les preuves rassemblées avec le recours aux chiens, l'utilisation d'un chien avec un entraînement identique, comparant sa fiabilité au hasard.

Plus de politique que de police

83d0db31b72fbae350e60b610289aab6.jpg"(...) eu sei que o vosso gabinete tem tomado um império sobre o nosso, mas sei também que já é tempo de acabar. Se os meus predecessores tiveram a fraqueza de vos conceder tudo quanto querieis, eu nunca vos concederei senão o que devo. É esta a minha ultima resolução; regulae-vos por ella (...)" *

Faute d’un politicien de la qualité du Marquis de Pombal, le gouvernement portugais n’a pas su donner aux Anglais la réponse qu’aurait pu apporter aux forces de police – aussi bien les Britanniques que les Portugaises – l’espace de manœuvre nécessaire pour mener à bien l’investigation sans s’inquiéter du “politiquement correct” ou de la diplomatie, c’est d'ailleurs ce que confirme Gonçalo Amaral dans son livre.

L’ex-coordinateur de l’enquête à la disparition de Madeleine McCann confirme dans son livre, parfois dans les entrelignes, souvent en discours directe, le presence et l’ingérence de la diplomatie britannique dans le travail de la police.

Il fallait écarter Gonçalo Amaral, c’était devenu une priorité pour les McCann, leurs amis et ceux qui leur ont donné protection : en octobre, c’est d’ailleurs le premier ministre britannique en personne, Gordon Brown, qui prend contact téléphonique avec Prior Stuart, le responsable de la police de Leicester, pour vérifier si l’enquêteur avait bel et bien été écarté de l’investigation et des McCann.

à suivre...

Paulo Reis & Duarte Levy

“(...) je sais que votre cabinet a pris un empire sur le nôtre, mais je sais aussi qu’il est temps d’en finir. Si mes prédécesseurs ont eu la faiblesse de vous accorder tout combien vous vouliez, je ne vous accorderai jamais plus que ce que je dois. C'est celle-ci ma dernière résolution ; régler vous par Elle (...)" - Lettre du Marquis de Pombal a Lord Chatam, du gouvernement britannique, en 1759, cité dans le livre de Gonçalo AMaral.